L'école : pierre d'angle de la cohésion nationale sur laquelle se construit la volonté d'existence et de défense de la nation. C'est pourquoi l'école doit être aussi notre combat.
Il y a deux ans, la publication des résultats de l'enquête Pisa dans 81 pays fait découvrir le recul considérable du niveau des jeunes Français en maths et en français. Un électrochoc brutal! Sur la base du rapport de Cédric Villani, le gouvernement et l' Éducation nationale appellent alors à un"choc des savoirs" et à la refonte des programmes scolaires.
Chose faite le 1er septembre dernier : douze millions d’élèves ont découvert les nouveaux programmes en français, mathématiques, éducation civique et morale, formation à la camaraderie età l'empathie, initiation à l’intelligence artificielle ou éducation à la sexualité.
Quelques mesures étaient apparues dès la rentrée de 2024. C'est en 2025 que la réforme des programmes entre pleinement en vigueur de la maternelle au lycée.
Il n’est pas ici question de descendre dans le détail des programmes. Le site du ministère détaille la réforme. Ni de savoir comment nos enseignants parviendront cette année à intégrer les nouveaux enseignements dans leurs programmes, sans grande préparation amont.
Il s'agit seulement de relever la volonté nouvelle de mettre l'accent sur un enseignement concret et sur l'effort personnel de la maternelle jusqu'à la terminale. Avec un retour, encore trop prudent, vers plus de formation morale et civique.
Concrètement : c'est en maths une initiation progressive de la main sur le cube pour les tout petits au calcul mental jusqu'à l'abstraction chez les grands; en français, le retour aux procédés qui ont fait leur preuve : en primaire, dictée quotidienne et lecture d’oeuvres littéraires pour passer au collège à la rédaction surveillée et au débat oral.
Adieu sans retour aux mathématiques modernes et à la méthode globale ? Et réhabilitation d'une pédagogie du réalisme(note1) qui, au sortir de la guerre, insistait sur le travail personnel et la responsabilité ? Souhaitons le !

A côté de la formation académique, l’école semble enfin vouloir remettre à sa juste
place la formation morale et civique, comme base du vivre-ensemble et creuset de l'esprit national.
Ainsi du CM2 à la troisième, trois axes sont privilégiés: les valeurs de la République, liberté, égalité, fraternité, auxquelles sont annexées les sujets difficiles de la laïcité et de la citoyenneté ; l'éducation au bon usage des médias et la transition écologique, deux thèmes majoritairement admis et plus faciles à enseigner.
Cinq années décisives au-cours desquelles la réforme semble vouloir appuyer l'apprentissage de la citoyenneté sur la répétition et l'exemple: écriture, lecture, calcul et histoire ; initiation à la tolérance,à la camaraderie et à l’entraide (notamment la sensibilisation au harcèlement) ; éducation à la vie affective et relationnelle (le programme « EVARS ») et découverte de la sécurité civile.
Ne peut-on voir là les bases du réarmement moral d'une société fracturée par le quolibet et l'insulte, menacée par un multiculturalisme mal encadré et tourneboulée par des réseaux sociaux véhiculant les mirages de la consommation et d'une mondialisation heureuse ?
Note1- Extrait de préface d'un manuel de calcul : "... un double but: 1/ rendre à notre enseignement sa simplicité et son efficacité en ce qui concerne les mécanismes fondamentaux; 2/ le fonder davantage sur les faits, l'observation personnelle, afin de donner à la jeunesse française le grand bain de réalisme dont elle a besoin" (Vassort - 1951- Brodard & Taupin).