L’antidote pour rétablir cet affaiblissement interne est connu : le rétablissement de l’autorité de l’État. C’est l’urgence absolue. Encore faut-il une réelle volonté politique.
Il faut saluer au passage le travail remarquable des forces de l’ordre et en particulier de nos gendarmes. Ces derniers sont des militaires qui font honneur à nos Armées, même étant sous contrôle opérationnel du ministre de l’Intérieur.
Les forces armées (Terre, Mer, Air et Espace) n’ont pas vocation à intervenir dans ce domaine de maintien de l’ordre, car elles ne reçoivent plus de formation spécifique pour remplir cette mission. Pour rappel, l’objectif de l'opération Sentinelle est limité: donner à nos concitoyens un sentiment de sécurité.
« Montrer sa force pour ne pas avoir à s’en servir » disait le Maréchal Lyautey.
En revanche, nos forces armées doivent se préparer à défendre la Patrie contre un potentiel ennemi extérieur. Or elles ont besoin du consensus national, de l’adhésion de toute la population pour contrer toute menace étrangère.
D’où la question : sera-ce possible si l’État n’est plus maître sur son propre territoire ? Si une fraction de la population ne reconnaît plus son autorité ?
Éviter à tout prix d’ouvrir deux fronts.
Il est donc grand temps d’agir pour reprendre la main, rétablir l’autorité de l’État sur tout le territoire national et ensuite sensibiliser la population aux futurs dangers qui menacent le pays.
En conclusion, il est urgent de considérer la menace intérieure comme une priorité absolue, et de lutter contre toute accoutumance molle aux reculs de l'autorité publique et de l'esprit civique.
Sinon la messe sera dite comme l’a prédit l’auteur cité ci-dessous.
« À force de tout voir, on finit par tout supporter...À force de tout supporter, on finit par tout tolérer... À force de tout tolérer, on finit par tout accepter...À force de tout accepter, on finit par tout approuver ».
Saint Augustin, Évêque d’Hippone (354-430 après J.C.)
Colonel (h) Christian Châtillon